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Le GDID auditionné à l'Assemblée Nationale : compte-rendu le 17-09-2008 à 22:31
Le 19 septembre, le GDID a été auditionné par Mr REISS, rapporteur de la commission des Affaires Culturelle et Sociales. Cette entrevue s’inscrivait dans le cadre de la préparation de la loi de finance 2009.

Mr REISS, député du Haut Rhin, en tant que rapporteur de cette commission, a choisi de traiter plus particulièrement ce thème de la direction d’école. En ce cadre, Mr REISS a reçu ou va recevoir la plupart des syndicats enseignants ainsi que le GDID.

GDID, représenté par Alain REI (13), Thierry FABRE (13), Pascal DUCHENOIS (75) et Pierre LOMBARD (06).

Cette entrevue avait pour but d’énoncer les positions du GDID sur :
- le statut, le recrutement, la carrière, le pouvoir de ces personnels en matière de ressources humaines et de gestion budgétaire.
- La prise en compte de leur performance dans leur métier.
- Pouvoirs d’initiative en matière pédagogique
A l’heure de l’autonomie.

Alain présente le GDID, précise les buts de notre association et rappelle notre combat constant pour un statut de la direction d’école. Cette attente, très largement majoritaire parmi nos collègues (cf. l’enquête réalisé par l’IFOP en 2006, avec ses 93% de réponses favorables) est la seule mesure à même de reconnaître le travail des directrices et des directeurs d’école. Le GDID s’inscrit dans cette double demande d’un changement de l’école publique, et d’une volonté de représenter position et proposition des collègues.

Pierrot pose le rôle de chefs d’établissement du premier degré à l’heure de l’autonomie. Aujourd’hui, faute de statut, les directeurs n’interviennent pas dans l’embauche ni dans la gestion du travail de AVS i (loi sur le handicap). Ils ne peuvent donc refléter auprès de ces personnels les attentes et les besoins des équipes pédagogiques.

Alain souligne que l’absence de tout statut des directeurs va à l’encontre des réalités de ce que sont nos collègues. Les directeurs sont des militants de l’école publique. Ne pas reconnaître ce travail ne fait qu’accroître plus encore la crise de désaffection sans précédant que traverse direction d’école.

Thierry rappelle que l’ensemble des politiques éducatives décidées par la nation ne peut se mettre en place sans relais efficaces reconnus. Ni les IA-DSDEN ni les IEN ne pouvant prétendre à ce rôle.

M. REISS demande si, à nos yeux, le directeur doit ou non enseigner ?

Pascal met en avant sa double expérience de directeur d’école de taille moyenne en Charente, puis de directeur d’une école parisienne. Pour le GDID la gestion d’une classe est incompatible avec le travail qu’impose une direction d’école.

Thierry positionne le débat à un autre niveau, celui de futurs établissements publics. Le GDID pense que la direction de tels établissements doit être assurée par un enseignant qui n’est pas chargé de classe. Le directeur ne doit pas enseigner mais gagnerait à être enseignant (compétences pédagogiques, relationnel avec les parents, connaissance des structures éducatives, gestion des équipes pédagogiques).

Concernant la taille de tels établissements publics, l’ensemble des membres du GDID souligne le danger d’une stricte vision économique qui conduirait par volonté budgétaire à créer des réseaux d’écoles, des regroupements trop importants.

L’école publique relève d’un service public de proximité, de relation immédiate avec ses usagers tels les parents d’élèves. En faire une usine à gamins, en ne lui conservant pas taille humaine, serait la pire des choses, non seulement pour ces futurs directeurs mais aussi et surtout pour l’école elle-même.

Pour le GDID, il est des regroupements possibles, voire souhaitables (maternelle et élémentaire d’un même groupe scolaire, directeur unique d’un RPI). Pour autant la logique de tels regroupements ne doit pas être économique mais tout à la fois pédagogique (possibilité d’un projet pédagogique commun) et géographique (proximité immédiate des divers sites de l’établissement).

Concernant l’évaluation de ces futurs établissements, Alain inscrit cette évaluation dans le cadre du seul outil pertinent : le projet d’école.

Si le cadrage général doit rester de l’ordre et du ressort des programmes nationaux, l’autonomie pédagogique des écoles, au travers des projets d’écoles, permettrait l’élaboration de grilles d’évaluation des résultats et des performances. Performances à prendre non au niveau de résultats d’évaluation CE2 ou CM2, mais au filtre de projet et de constats établis pour et par les enseignants.

Alain précise bien que toute évaluation sérieuse des écoles implique un préalable : le fait que chaque école dispose de moyens réels, tant pédagogiques que budgétaires.

En matière de gestion de relations humaines, Pierrot rappelle que cela fait parti du quotidien de notre métier depuis bien longtemps. La reconnaissance statutaire des directeurs d’école ne vise pas pour nous à modifier les relations de travail existantes entre les différents acteurs de la communauté éducative (personnels, ATSEM, intervenants extérieurs, enseignants). Par contre un tel statut renforcerait notre positionnement en ce domaine.

Concernant la gestion des moyens humains, Thierry met en avant un fait reconnu : les évolutions structurelles de notre métier, particulièrement au regard des questions de sécurité. Faute d’autres interlocuteurs notre administration nous a confié au fil des ans d’importantes responsabilités : PPMS, SESAM, SEVESO, hygiène et sécurité, incendie, sorties scolaires… Cela revient à confier au directeur d’école des responsabilités identiques à celles des proviseurs et principaux du secondaire, sans en avoir pour autant les moyens, le temps et les possibilités.

En réponse à la demande de M. REISS, Alain indique que si le GDID est bien demandeur d’établissements publics des écoles, nos projets diffèrent sensiblement de ceux du ministère. Nous envisageons d’autres modalités de gestion et direction de ces EPEP. Nous leur envisageons une autre échelle, humaine et pédagogiquement efficace.

La réunion se termine à12 heures. Le GDID remet à Mr REISS différents documents lui ayant servi à la préparation de cette entrevue.

Entrevue positive aux yeux de notre délégation. Au plus haut niveau de la représentation nationale, nous avons pu faire entendre les demandes des directrices et des directeurs d’école.

Le reste dépend de chacun d’entre nous…

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