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Circulaire n°98-229 du 18 novembre 1998 |
La phase d'évaluation et de constat doit être considérée comme un appui pour
établir des diagnostics individuels puis mettre en oeuvre une pédagogie
différenciée et une aide personnalisée aux élèves qui en ont besoin, notamment
ceux qui ne maîtrisent pas les compétences de base en lecture (23,4 % au CE2 et
14,9 % en 6ème) et en calcul (22,6 % au CE2 et 33,3 % en 6ème). Au-delà de ces
moyennes nationales, ce qui compte c'est de tout faire pour améliorer les
résultats individuels.
Pour faciliter ce diagnostic, il est souhaitable d'identifier les problèmes dont
peut souffrir un enfant en grande difficulté, notamment les problèmes de santé
et de maltraitance, les conflits familiaux, les situations de pauvreté. Les
personnels de santé, les psychologues scolaires, les assistantes sociales
doivent donc être associés à ce diagnostic, ainsi que les autres personnels non
enseignants, notamment les conseillers principaux d'éducation, les surveillants,
etc.
Un diagnostic juste et précis est en effet la première condition d' une bonne
définition des actions à mettre en oeuvre : l'identification de la dyslexie ne
conduit pas aux mêmes types d'action que l'inappétence scolaire d'un enfant par
exemple ou encore que le repérage de troubles neurologiques (cf. les travaux du
docteur Gisèle Gelbert, par exemple).
Le rapport de l'élève au sens des contenus sera identifié car c'est un élément
important du diagnostic qui permet de comprendre certaines difficultés
d'apprentissage.
Pour chacun de ces élèves, une action spécifique doit être mise
en place systématiquement. Elle prend la forme d'un programme personnalisé
d'aide et de progrès construit avec l'élève et en partenariat avec ses parents.
Ce programme est bâti avec l'élève pour mieux cerner ses qualités puis les
difficultés qu'il a rencontrées dans chaque épreuve de l'évaluation, mais aussi
pour repérer les acquis et les motivations sur lesquels s'appuyer pour le
travail à venir et pour l'associer à l'envie de progresser et de réussir.
L'élève doit être acteur de son évaluation et de sa progression. Une motivation
positive de sa famille est tout à fait essentielle.
Ce programme de travail construit par l'équipe pédagogique concernée s'appuiera
sur toutes les activités d'enseignement, en particulier celles dans lesquelles
l'élève réussit le mieux. Il est essentiel de commencer à valoriser l'élève pour
le faire démarrer sur de bonnes bases.
Des évaluations régulières des acquisitions, chaque
demi-trimestre par exemple, permettront de vérifier que certaines difficultés
sont surmontées et d'effectuer les ajustements qui se révèleront nécessaires
dans le programme de travail.
Outil de progression et de remise en confiance pour les élèves ayant rencontré
des difficultés dans leur parcours scolaire, ce programme personnalisé d'aide et
de progrès doit donner lieu à un dialogue confiant avec les parents et les
sensibiliser au rôle qu' ils peuvent jouer pour aider leur enfant à surmonter
les difficultés repérées, ne serait-ce qu'en les encourageant.
Dans chaque école, les maîtres de CE2 repèrent, à l'issue de
l'opération nationale d'évaluation, les élèves de leur classe qui ne maîtrisent
pas les compétences.
À la suite de ce premier constat, le directeur de l'école réunit un conseil des
maîtres pour faire le bilan et une analyse collective des résultats et des
difficultés des élèves. Les réseaux d'aides spécialisées sont associés à cette
réunion. Les maîtres de cycle 2 tirent les enseignements des résultats pour
mettre en place des réponses plus individualisées aux besoins des élèves.
Les maîtres du cycle 3 se livrent à une analyse fine des réponses aux épreuves
d'évaluation de chacun des élèves ne maîtrisant pas les compétences de base, ils
complètent leur analyse en consultant les maîtres du cycle 2 et en utilisant le
livret d' évaluation de l'élève.
C'est cette réflexion commune qui doit déboucher sur la mise en place d'un
programme personnalisé d'aide et de progrès pour chaque élève concerné.
Le maître met en oeuvre dans sa classe ce programme individuel pour les quelques
élèves concernés. Dans certaines écoles, notamment en réseau d'éducation
prioritaire, le nombre d'élèves concernés en CE2 peut être plus important. Les
équipes pédagogiques peuvent alors mettre en place des groupes de besoins
décloisonnés, par niveau de classe ou inter-niveaux, mobilisant les maîtres
spécialisés option E et maîtres de soutien, notamment pour des séquences dont la
fréquence et la durée sont adaptées aux besoins. La présence des
aides-éducateurs aux côtés du maître qui assure les activités d' enseignement
doit faciliter la gestion d'activités pédagogiques diversifiées, au collège
également.
Dans chaque classe de 6ème, à l' issue de l'opération nationale
d'évaluation, les enseignants repèrent les élèves qui ne maîtrisent pas les
compétences de base. Le travail en équipe est alors particulièrement fructueux.
À la suite de ce premier constat, le professeur principal réunit l'ensemble des
enseignants de la classe pour une analyse fine des résultats aux épreuves
d'évaluation en s'aidant des éléments d'information fournis par le livret
d'évaluation de l'élève transmis par l'école élémentaire et en s'appuyant sur
tout autre élément d'explication ou d'information qui paraîtra pertinent. Les
rencontres entre enseignants du cycle des approfondissements et de 6ème - dans
le cadre des réunions ou des actions de formation communes permettant d'assurer
la continuité école/ collège - contribuent à une meilleure compréhension des
difficultés rencontrées par chaque élève et à des diagnostics plus affinés.
L'équipe pédagogique construit également pour chaque élève concerné et avec lui,
à partir de ces éléments, un programme personnalisé d'aide et de progrès qui
peut naturellement s'intégrer dans le travail mis en oeuvre par les groupes
temporaires de consolidation. Tous les enseignants et les personnels non
enseignants y sont associés.
La mise en oeuvre de cette action s'effectue dans le cadre du dispositif de
consolidation et des études dirigées mais également dans toutes les matières et
toute autre action scolaire ou périscolaire.
Chaque élève en grande difficulté bénéficie d'un adulte tuteur au sein du
collège.
Dans chaque circonscription primaire, après les épreuves
d'évaluation et leur correction, les inspecteurs de l'éducation nationale
organisent un ou plusieurs temps de travail pour les enseignants de CE2 prévus
dans le cadre des animations pédagogiques ou des actions de formation continue.
Ce travail a pour objectifs l'appropriation de cette démarche de remédiation, la
confrontation et l'analyse des pratiques existantes, le repérage des besoins en
formation et des éventuels projets de recherche-action sur le thème de l'aide
aux élèves en grande difficulté.
L'animation de ces réunions est confiée à des personnes ressources ayant
travaillé sur cette thématique (enseignants des IUFM, maîtres-formateurs,
conseillers pédagogiques, inspecteurs). La présence d'intervenants extérieurs
sera encouragée : responsables des dispositifs de lutte contre l'illettrisme,
Observatoire de la lecture, etc. Les ressources documentaires des sites internet
de l'Observatoire national de la lecture, du Centre national de documentation
pédagogique et l'analyse de cas concrets seront utilisés.
Les plans départementaux et académiques de formation réservent une place à des actions spécifiques d' accompagnement des équipes d'enseignants concernés sur l'évaluation, le diagnostic et les actions qui lui correspondent, et la gestion de l'hétérogénéité des classes.
Des groupes départementaux sont constitués, chargés de recenser les initiatives les plus pertinentes, les outils les mieux adaptés, les méthodologies les plus efficaces en vue d'une mise en commun des efforts. Une attention particulière sera apportée à toutes les actions qui améliorent la transition école-collège.
Ce recensement viendra compléter la création d'une banque d'outils actuellement en cours de réalisation au plan national ainsi que la production de méthodes spécifiques aux nouvelles technologies. La possibilité d'engager des recherches-actions en lien avec les IUFM est encouragée.
L'amélioration de l'utilisation des évaluations nationales doit
aussi permettre d'en améliorer le contenu. C'est pourquoi au cours des réunions
de travail, l'expression des enseignants sur le contenu des protocoles sera
encouragée, ainsi que sur l'organisation du temps et la définition des missions
que la montée en charge de ce dispositif implique.
Le travail accompli dans le cadre de la présente circulaire est intégré :
d'une part, aux États généraux des langages et de la lecture dans sa dimension départementale et académique ;
d'autre part, dans les contrats de réussite des réseaux d'éducation prioritaires ;
enfin, dans le travail de réflexion et d'action engagé sur le
collège.